Les "points-rencontres"

Analyse du 07 novembre 1999

Depuis quelques années, on constate la multiplication des "points-rencontres" et nous y voyons beaucoup d'aspects négatifs.

Tout d'abord, il faut lever la confusion existante entre "points-rencontres" et "médiation familiale".

La médiation familiale se propose d'aider les parents à gérer eux-mêmes leurs désaccords et leurs différends, alors que les "points-rencontres" se proposent de gérer eux-mêmes un droit de visite d'une façon cadrée et surveillée dans un lieu limité. Alors que la médiation familiale est fondamentalement un processus, nous constatons que les "points-rencontres" tels qu'ils fonctionnent sont presque une fin en soi malgré certaines volontés apparentes.

Les "points-rencontres" apparaissent plutôt comme des réponses simplistes à la demande des juges face à l'un des parents voulant éliminer ou restreindre la relation de l'autre avec leur enfant commun, que comme une demande d'un des parents pour améliorer la situation, et ce n'est pas plus le souhait des enfants.

Les "points-rencontres" deviennent souvent un moyen pour les mères afin de limiter le "droit de visite" déjà si misérable.  Bien des exemples montrent que le "point-rencontre" est la réponse judiciaire faite au père quand la mère s'oppose à la relation qu'il souhaite avoir avec son enfant. Là où, précédemment, les juges incitaient à la bonne application de la décision de justice pour la relation père-enfant avec un "droit de visite" défini, ils sont maintenant enclins au laxisme et à tenter cet ersatz de relation. Les "droits de visite" du week-end se transforment en quelques heures un samedi de temps en temps : réduction dans le temps, réduction dans la fréquence.

Cela constitue une judiciarisation supplémentaire et un allongement de la procédure dans un "provisoire" qui se prolonge. Des mois et des mois de "points-rencontre", sinon des années, aboutissent à maintenir moins qu'un minimum de contacts ou parfois à rétablir seulement un "droit de visite" limité et classique là où l'espérance du parent victime était de vivre avec son enfant d'une façon équilibrée.

C'est aussi une fausse réponse aux fausses accusations que les mères font de plus en plus contre les pères en déclarant incestes et attouchements vis- à-vis de l'enfant, et juges et avocats s'y engouffrent.

Ce que parents et enfants souhaitent pour leur relation propre, c'est la liberté, c'est aller et venir, c'est une relation de voisinage, c"est vivre sous leur toit, c'est la chaleur de leur maison, c'est l'intimité et la pudeur, c'est leur parentalité dans leur propre conception, c'est aussi le contact avec d'autres membres de la famille, grands-parents ou autres.

Il apparaît impossible et inacceptable d'avoir des relations avec son enfant dans les conditions des "points-rencontre" sous surveillance, dans un lieu sans vie, hors sa vie quotidienne.  L'expérience de ceux qui l'ont vécu se ressent comme avoir été dans un aquarium, un bocal ou un placard avec un garde-chiourme ; c'est un sentiment de blessures supplémentaires, de difficultés prolongées, de soumissions accrues à l'autre parent, de constat d'échec, d'approfondissement du manque de droit.

Pourquoi chercher des solutions judiciaires et alourdir les procédures, là où les solutions sont d'ordre psychologique, relationnel et liées à la communication ?

Il est nécessaire de travailler sur le "conflit", plutôt que de le considérer comme acquis, car il conforte la position du parent qui refuse de reconnaître l'autre comme un parent à part entière.

Par contre, il apparaît important de trouver des réponses pour les parents qui viennent voir leurs enfants à des centaines de kilomètres de chez eux afin de les accueillir, et là encore il y a confusion.

Des propositions comme celle de "La Passerelle" de Grenoble ou Kerfléau à Lorient nous semblent beaucoup mieux adaptées : Lieu d'accueil et lieu d'activités en toute liberté. Voire même les propositions de famille d'accueil ou les solutions de gîtes ruraux.

Il serait sans doute intéressant que l'association grenobloise puisse organiser un week-end de travail sur les "points-rencontres" et lieux d'accueil.

 

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